Billy Merwick

Quand un artiste décide de faire de l'être humain le sujet principal de ses toiles, plusieurs approches se présentent à lui: il peut choisir de peindre le portrait d'un personnage réel ou imaginaire - Vénus a été, depuis des siècles, la concrétisation de bien des visions internes…. Il peut se concentrer sur un individu, un groupe ou une foule; il peut vouloir insister sur la psychologie personnelle ou, plus largement, sur la 'condition humaine' de ses modèles; son statut d'artiste lui permet de modifier l'apparence des êtres afin soit de se moquer d'eux ou d'intensifier l'émotion qu'ils doivent éveiller dans l'esprit ou le cœur des spectateurs.

Le fait que Billy Merwick, né en 1947, est Irlandais et qu'il a été homme de théâtre avant de se consacrer à la peinture a sans doute contribué à déterminer sa préhension des gens qui l'entourent, qui habitent sa mémoire ou auxquels il donne corps à l'image de quelque impulsion intuitive. Il a l'air de les sonder au moyen du rayon laser de son propre regard d'artiste: il plonge dans les yeux de ses modèles pour y détecter les sentiments qui les animent et nous les communiquer. Les yeux des enfants qu'il peint reflètent logiquement une certaine naïveté ou une dose de curiosité, mais aussi un degré d'incertitude, de surprise un peu inquiète devant le spectacle de la vie. Les adultes, selon la situation dans laquelle ils se trouvent, marquent plus d'assurance, mais aussi plus d'angoisse. Les corps et les quelques détails de l'environnement dans lequel tous évoluent sont flous et plutôt inconsistants, comme dans un théâtre de marionnettes. L'impression qui se dégage de leur silhouette à peine ébauchée et de leur attitude est celle de présences humaines en quête d'une solidité d'existence que leur condition de vie (en Irlande?) et les aléas de leur nature (comme acteurs sur la scène du monde?) ne semblent pas pouvoir leur offrir spontanément. C'est ce qui crée cette atmosphère à la fois mystérieuse, surtout dans les éléments du décor dans les arrière-plans, et de désir d'affirmation dans les visages, qu'évoque cet Irlandais qui a choisi de devenir continental…

When an artist has made up his mind to consider the human being as the main or even the exclusive object of his paintings, different choices offer themselves to his creativity. He can paint portraits of real or imaginary people - for countless centuries Venus has been the pictorial materialization of m ny innermost visions of beauty. He can concentrate his interest either on an individual, on a group or on a mob; he may want to insist on the personal psychology or on the sociological bond of his models; as an artist he is entitled to modify the appearance of his subjects in order better to mock them or to intensify the emotions or the comments he expects to cause in the hearts or minds of the viewers of his works.

The fact that Billy Merwick was born in Ireland in 1947 and that he started his career in the world of the theatre before turning to the art of painting has most certainly contributed to shaping the way in which he looks at the people around him, at those he carries in his memory or at the characters he imagines in moments of intuitive impulsion. He seems to submit them all to the scrutiny of his laser-like power of analysis and to let their eyes tell us how they see the world. The eyes of the children he paints very logically reflect a certain naivety, some curiosity, but also a degree of surprise and uncertainty. The adults, depending on the situation in which they find themselves, show more assurance, but occasionally also more anguish. The bodies and the few details of their environment are vague and rather insubstantial. The impression their hazy outlines and their attitudes create is one of a quest for solidity in their lives. Could it be that the living conditions in Ireland and the feeling expressed by many dramatists that all the world is but a stage have made them sharply aware of the relativity of all experiences? This possibility would explain the sense of mystery that permeates many a canvas, mainly through the decors in the background and, in the faces of the figures, a certain craving for a greater ascertainment of the meaning of their lives?

Wim Toebosch (A.I.C.A.)

Vernissage-cocktail, le mardi 8 mai 2007 de 18h à 21h.