Armando Messias Mascarenhas

Hommage à Armando Messias Mascarenhas (1911/1987)

Etrange parcours que celui d' Armando Messias Mascarenhas. Il naît en Inde en 1911, il part de Goa et travaille dans un grand port du Mozambique où les pétroliers et les paquebots de croisière alimentent son désir de découvrir le monde et ses habitants. Il finit par aboutir au Portugal où il s'établit et où il peut poursuivre son hobby, la photographie. Elle lui donne la possibilité de satisfaire sa curiosité et l'intérêt qu'il porte au spectacle de l'homme et de la nature - et de prouver que, contrairement à ce que les peintres aiment prétendre, la photographie mérite pleinement le titre d'art à part entière. Certains lui reprochent de n'être qu'un moyen mécanique de capter l'apparence extérieure des choses et des gens, sans se prêter à une interprétation personnelle des sujets et des modèles.

Armando Mascarenhas va poursuivre une double ambition : choisissant délibérément la photographie en blanc et noir, il va exploiter avec une maîtrise subtile toutes les ressources des infinies variations qui se présentent entre ces deux non-couleurs. Ce seront la lumière et l'ombre qui détermineront les perspectives et l'espace, la précision et le flou, la profondeur et le détail, la violence ou la quiétude. Voilà pour la domination de la technique dont il dispose. Mais en fixant la diversité des cultures et des habitats de différents peuples, en exprimant son bonheur à la perception de la beauté des paysages et son respect pour le travail de l'homme, il entend nous communiquer sa philosophie de l'existence. Les images qu'il met sur pellicule rayonnent d'une tendresse et d'un optimisme sereins. Sa vision de l'humanité et de l'environnement dans lequel elle vit est non seulement équilibrée : elle exalte, par son approche paisible une sorte de dignité, une incitation à la perception d'une entente harmonieuse entre les bêtes et les hommes, entre la terre et ses laboureurs. Son œuvre est un chant non pas tonitruant, mais d'une tranquille vibration. Son propos n'est pas de détecter, de dénoncer et de fustiger les excès parfois tragiques auxquels se laissent aller des individus ou des groupes. Mais sans adopter par ailleurs l'attitude purement esthétique du touriste en quête de pittoresque, ses prises de vues sont empreintes d'une croyance profonde en l'humble noblesse de l'homme, en la vitalité dynamique de la nature et au sens permanent de l'art qu'il a le bonheur d'exercer.

Il ne suffit pas de regarder les photographies d'Armando Messias Mascarenhas : il faut s'en laisser imprégner.

Wim Toebosch (A.I.C.A.)

Vernissage-cocktail, le mardi 17 avril 2007 de 18h à 21h.